Jacques Tati

JACQUES TATISCHEFF

Jacques Tati, de son véritable nom Jacques Tatischeff, est né le 9 octobre 1907 au Pecq (Seine et Oise). 

Origines familiales :

Son grand père, Dimitri Tatischeff, d'origine Russe était attaché militaire à l'ambassade de Russie.
Sa grand-mère, Rose Anathalie Alinquant était d'origine française.
Son père, Georges Emmanuel Tatischeff, d'origine Franco russe était encadreur place Vendôme à Paris.
Sa mère, Claire Van Hoff était d'origine italo néerlandaise.

Sa soeur Nathalie nait en 1905.

Son père a repris le commerce d'encadrement de son beau-père, Van Hoof, célèbre pour avoir refusé à Van Gogh trois toiles en paiement de ses cadres. Par la suite il en deviendra le directeur.

Enfance et jeunesse :

Elève plutôt médiocre, Jacques Tati est sportif et pratique beaucoup le tennis et l'équitation. Il arrête l'école à 16 ans et rentre comme apprenti dans l'entreprise familiale. De 1927 à 1928 il effectue son service militaire à Saint Germain en Laye dans la cavalerie. Il effectue ensuite un stage à Londres au cours duquel il s'initie au rugby. C'est à son retour qu'il découvre ses talents de comique dans le cadre de l'équipe de rugby du racing Club de France.

Il abandonne le métier d'encadreur en 1931 au moment de la crise économique. Il connaît alors une période de difficultés. Malgré tout il élabore le numéro qui deviendra " Impressions sportives ". Il participe au spectacle (amateur) organisé par Alfred Sauvy chaque année de 1931 à 1934.

Les débuts dans le monde du spectacle :

Encouragé par ses coéquipiers du Racing Club de rugby qui décèlent en lui un talent comique, il monte des spectacles humoristiques de mime sur le sport. Il est acclamé par le " Tout Paris " dès 1934.

Admirateur des films burlesques américains, il décide de co-réaliser des courts métrages, notamment avec René Clément (Soigne ton gauche, 1936).

Après la guerre, il fait quelques apparitions dans des longs métrages. En 1947, il s'attaque à un court métrage " L'école des facteurs ", prélude à Jour de Fête.

La seconde Guerre Mondiale

Entre 1940 et 1942, il présente ses " Impressions sportives " au Lido de Paris. Il y rencontre la danseuse Herta Schiel. A l'été 1942, Herta accouche d'une fille, Helga Marie-Jeanne Schiel. Influencé par sa soeur Nathalie, Tati refuse de reconnaître l'enfant, quitte la mère, et est renvoyé du cabaret. Il se produit aussi à la Scala de Berlin en 1942. Démobilisé en 1943, Tati s'installe en zone libre, près du village de Sainte-Sévère-Sur-Indre avec un ami Henri Marquet ; ils y écrivent le scénario de " L'Ecole des facteurs " (1946). Le film est un succès et recevra le prix Max Linder en 1949.

Jacques Tati se marie le 25 mars 1944 avec Micheline Winter. Il recommence à travailler comme acteur de cinéma à la fin de la guerre.

Jour de Fête

Jacques Tati commence, en mai 1947, son premier long métrage, extension et transformation de " l'Ecole des facteurs ". Si " Jour de Fête " ne trouve un distributeur qu'en 1949, c'est ensuite un succès. A paris, Londres, New York..., on salue l'apparition non seulement d'un mime, mais surtout d'une nouvelle forme de burlesque. Primé à Venise, le film reçoit le Grand Prix du Cinéma Français en 1950. Insensible aux multiples propositions, Tati refuse de poursuivre les aventures de François le facteur. Il le trouve trop français et veut surtout suivre sa propre voie avec une rigueur et un entêtement qu'il partage avec peu d'autres cinéastes français de cette époque, à l'exception de Robert Bresson. Tati réalisera ainsi seulement six longs métrages en trente ans. " Pas un chèque au monde qui puisse faire que je change, dira t-il plus tard. C'est un choix. Le respect de la Banque de France ou celui d'une nouvelle génération."

Les vacances de Monsieur Hulot

En 1952, Tati écrit le scénario des " Vacances de Monsieur Hulot " - indépendamment du décor - avec Henri Marquet et Jacques Lagrange, peintre et décorateur de théâtre, avec lequel il collaborera jusqu'à la fin de sa vie.

Toujours produit par Fred Orain, tourné en 1952 à Saint-Marc-Sur-Mer près de Saint-Nazaire, le film est très remarqué par la critique mais aussi par le public du monde entier.

Le film reçoit plusieurs récompenses, dont le prix Louis Delluc, aux Oscars en 1953.

 

 

Mon Oncle

Cinq ans plus tard, le film "Mon Oncle" bénéficie d'un financement plus confortable et est tourné, enfin, en couleurs, en deux versions, française et américaine. Tati reconstitue le vieux Saint-Maur en studio, nécessaire à la minutie de son travail, et développe un regard critique sur la société, regard qui n'était que sous-jacent dans les films antérieurs. Prix du Jury à Cannes, Oscar du meilleur film étranger, Tati est consacré partout dans le monde.

Playtime

Jacques Tati, en 1965, peut alors entreprendre son film le plus ambitieux : un film dont Hulot serait la plaque tournante, mais ni le seul ni même le principal héros. Playtime, tourné d'octobre 1965 à octobre 1967, est une entreprise énorme pour le cinéma français : après avoir refusé de tourner aux Etats-Unis, Tati fait construire pendant six mois un immense décor de béton, mais surtout de verre et d'acier, près de Vincennes, et décide de filmer en 70 mm avec son stéréophonique sur six pistes magnétiques. Le devis initial est largement dépassé. Le film dure initialement 2h32. Tati, devant l'échec public, accepte de le ramener à 2h17. Cela ne change rien.

Trafic et Parade

La suite de la carrière de Jacques Tati ets plus triste. Ne pouvant plus produire ses propres films, il est engagé comme acteur sur une production hollandaise dont le réalisateur en titre, Bert Haanstra, lui cède rapidement la direction.

Hulot revient en personnage central dans un film satirique et au récit linéaire sur l'automobile, Trafic (1971).

Pour payer les dettes de " Playtime ", sa maison de production, Specta-Films, est mise en faillite et ses quatre premiers films sont saisis. Le coûteux décor est détruit. Tati réalise des spots publicitaires (Simca, Panzani, Taillefine...) et ne signera plus que " Parade ", commande de la télévision suédoise en vidéo où il joue, dans un cirque, le rôle de M. Loyal et interprète quelques uns de ses sketches d' " Impressions sportives ".

Malade, Jacques Tati reçoit un César en 1977 pour l'ensemble de son oeuvre. Il meurt le 4 novembre 1982 laissant inachevé le projet de " Confusion ", auquel il travaillait avec Jacques Lagrange.